Roman

Des jours d’une stupéfiante clarté, Aharon Appelfeld

Bonjour tout le monde !!! 🤗

J’espère que vous allez tous très bien en ce dimanche après-midi. De mon côté ça va, j’ai terminé la série Friends (🥺) mais pas d’inquiétude je la recommencerai tout bientôt. C’est typiquement le genre de série qui me fait du bien au moral. Une sitcom drôle qui donne envie de faire une coloc’, de s’amuser et de traverser toutes les difficultés de la vie ensemble. Evidemment c’est utopiste mais ça me permet de m’évader de mon quotidien routinier.

Je vous retrouve aujourd’hui, non pas pour parler série ou film, mais lecture. Pour ceux qui me suivent sur Instagram vous l’avez sûrement vu passer mais j’ai lu Des jours d’une stupéfiante clarté d’Aharon Appelfeld il y a quelques semaines. Je n’avais pas encore pris le temps de le chroniquer mais voici mon avis.

Résumé :

Auteur : Aharon Appelfeld

Genre : Contemporain, Historique

Édition : Éditions de l’Olivier

Année : 2018

Nombre de pages : 272 pages

Titre original : Yamim shel behirout machina (2014)

Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu’il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d’abandonner à l’approche des Russes. Il n’a qu’un seul but : retrouver la maison familiale. Errant sur les chemins, blessés au plus profond d’eux-mêmes, les déportés qu’il croise lui rappellent l’horreur à laquelle il a survécu, tandis que d’autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetti, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l’œuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître.

Des jours d’une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d’Europe centrale baignés de lumière. Chaque rencontre suscite en lui d’innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ? Comment retrouver sa part d’humanité ?

Par-delà le fracas de l’Histoire, ce livre admirable est le récit d’une résurrection.

Mon avis :

Si vous vous souvenez bien, j’avais lu Histoire d’une vie du même auteur il y a quelques mois qui racontait sa sortie des camps, son errance dans une forêt à vivre avec une prostituée, les confrontations psychologiques à changer de langue, la mémoire qui peut modifier des choses et l’envie d’aller de l’avant. Ici, ce n’est pas un livre autobiographique mais nul doute que derrière Theo se cache l’auteur. Pas toute sa vie mais les émotions, les sentiments et cette errance pour rentrer quelque part sont si réels qu’ils semblent être vécus.

Il n’y a pas vraiment d’histoire dans ce livre. Le lecteur va suivre Theo à la sortie des camps qui va marcher pour rentrer chez lui. On n’est pas sur une balade champêtre mais une balade sur un chemin où la mort, les camps de concentration, les rescapés, les prisonniers, les bourreaux sont présents et vont l’arrêter. Certains vont lui apporter à manger, du réconfort, des paroles, une présence et un encouragement à continuer. D’autres vont lui dire qu’il est fou à rentrer chez lui, qu’eux n’ont plus de chez eux, que chez eux c’est là dehors et qu’ils préfèrent prendre leur temps avant de rentrer.

La bibliothécaire du club lecture m’avait conseillé cette lecture, qui chronologiquement doit se lire après Histoire d’une vie. Je dois admettre que j’ai moins aimé celui-ci. Il est assez décousu et on passe notre temps à lire les souvenirs de Theo qu’il a à propos de sa mère. Une maman obnubilée par les églises, les lieux de culte, la musique de Bach et qui n’est pas présente comme on a à l’esprit une maman. C’est déroutant et je n’ai jamais su pourquoi on s’attardait à tous les chapitres sur ça. Certes, cela permet de comprendre d’où vient Theo, ce qui l’anime à la sortie des camps (rendre visite à sa mère), son rapport à son père qu’il ne considère plus de la même manière maintenant qu’il a 20 ans, mais cela ne m’a pas franchement intéressé.

Tout le long, il parle que de sa mère : ses souvenirs, la manière de penser de sa mère, sa douceur et son envie de faire voir les églises à son fils ; tout en marchant pour rentrer chez lui et en parlant de sa mère à tout le monde. J’ai compris qu’il avait un amour fou pour cette femme même si elle n’a pas été la mère idéale pour lui, qu’elle est un peu perchée et farfelue sauf que je n’ai pas compris pourquoi on nous racontait tout ça dans le livre. Je suis probablement passée à côté car la bibliothécaire a adoré ce livre. Elle adore le travail d’Aharon Appelfeld donc elle n’est probablement pas très objective (je dis ça mais je n’en sais rien ^^).

La seule partie qui m’a plu c’est lors des leçons de morale humanistes qui sont glissées par-ci par-là. J’y ai retrouvé cette forme de sagesse présente dans Si c’est un homme écrit par Primo Levi. J’ai lu ce livre en Première suite à une dissertation sur des textes racontant l’horreur dont celle de la Seconde guerre mondiale dans les camps. Pour mieux comprendre le passage à analyser j’avais décidé de tout lire. Il en ressort que malgré la cruauté des bourreaux, des nazis ou non, que ce soit Primo Levi ou Aharon Appelfeld, ils affirment que les collabos sont des hommes et que tous n’ont pas fait ça pour plaisir. C’est cru ce que je vais dire car je n’y étais pas mais c’est comme s’il y avait une haine à relativiser. C’est très intéressant et mérite d’être creusé.

Je n’ai pas aimé l’histoire en elle-même mais j’ai aimé les messages véhiculés tout du long, disséminés ci et là dans le chemin vers chez lui. Theo apprend l’humilité, le courage, la candeur est présente ainsi qu’une forme d’innocence dans sa façon de parler et de penser alors qu’il a subi des atrocités. Il veut rentrer chez lui comme une envie brûlante de retrouver la femme qui hante son esprit, sa mère.

Le style d’écriture m’a souvent fait penser à Albert Camus dans L’Étranger ou Franck Bouysse dans Glaise. Les mots sont directifs, on ne passe pas par quatre chemins et pourtant le texte reste lumineux malgré la noirceur du sujet. Il s’en dégage une forme de poésie et c’est probablement la raison qui a fait que j’ai continué ce livre et l’ai terminé.
Je n’en garderai pas une trace indélébile mais ce livre s’inscrit dans une démarche de devoir de mémoire sur la psychologie des rescapés.

Des jours d’une stupéfiante clarté est une auto fiction où l’auteur est caché derrière Theo. Ce n’est pas mon livre préféré car l’histoire en tant que telle ne m’a pas emballée et que j’ai voulu en expédier sa lecture. En revanche, sur le plan philosophique il pose énormément de questions sur ce qu’un rescapé peut ressentir à la sortie des camps : a-t-il encore un chez lui ? qui l’attend ? que veut-il pour la suite de sa vie ? un homme se qualifie-t-il par son statut lors de la guerre ? est-on soit rescapé soit bourreau ? ne sommes-nous pas juste des hommes ?

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à me dire tout cela dans les commentaires pour que nous en discutions ⬇️

Je vous souhaite une très bonne journée et je vous retrouve très bientôt dans un prochain article plus joyeux c’est promis ! 😇

Laure

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11 commentaires sur “Des jours d’une stupéfiante clarté, Aharon Appelfeld

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